Le Tết Đinh dậu dans les cœurs des Việt kiều

La fête du Têt est devenue un évènement incontournable et à ne pas manquer. Quel impact exerce-t-elle dans les cœurs des Viet Kiêu, la diaspora d’origine vietnamienne ?


Pour les Viet Kiêu devenus Parisiens mais aussi Grenoblois, Nantais, Lyonnais, Marseillais, Montpelliérins et dans tous les villages de France, leurs cœurs se mettent à l’unisson pour apostropher petits et grands, jeunes et vieux à célébrer cette période unique de l’année. Pour Paris et ses environs, l’Union Générale des Vietnamiens de France (UGVF) a lancé ses invitations le samedi 4 février 2017 au Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne.  Nos amis de l’AAFV vont aussi organiser le Têt à Choisy-le-Roi le samedi 4 mars 2017 (1).

Pour nos amis, Français, Européens et étrangers, il s’agit du nouvel an Vietnamien avec le décalage du calendrier luni-solaire indiquant le début de la nouvelle année lunaire et l’arrivée du printemps. Chaque année porte le nom de l’un des douze animaux de l’astrologie vietnamienne.

En 2017 c’est l’année du coq débutant le 28 janvier. Les spécificités du Coq sont souvent identifiées à droiture et justice, grandiloquence et organisation logistique. Le natif du coq est favorisé par le choix d’un métier dans l’administration publique et privée, la carrière militaire et la police.  Mais selon le calendrier des signes, celui du coq est dépourvu d’un ensemble d’éléments secondaires. Le Coq est représenté que par un seul élément, celui du feu. C’est pourquoi, le natif du coq est motivé et déterminé. Sa volonté est invariable, agissant avec tact. Le Coq-Feu ne supporte pas l’échec, ses qualités de chef sont appréciées. C’est quelqu’un de droit et de respectueux. Parfois trop exigeant, il peut se faire quelques ennemis. Toutefois, ses talents d’organisateur sont recherchés pour mener à bien toutes sortes de projets.

Les rites du Têt commencent une semaine avant avec la cérémonie de cúng ông táo, offrandes au génie du foyer. Il est de tradition de lui préparer un repas, composé de différents plats disposés sur un autel, afin de lui permettre de prendre des forces pour entreprendre un long voyage dans le but d’aller et intercéder auprès du Dieu du Ciel, les faveurs des familles quémandeuses.

Puis, en plus des cadeaux, de la nourriture, notamment des gâteaux de riz gluant farcis de viande de porc et de graines de soja (bánh chưng)  ainsi que des fruits ou légumes confits appelés mứt sont préparés à cette occasion. La fabrication des bánh chưng est particulière à chaque famille qui utilise la quantité de riz gluant et de graines de soja (trempés dans l’eau la veille) et de morceaux de viande de porc à volonté. Le tout est recouvert de feuilles lá chuối ou lá dong  puis mis en forme de carrés. Le temps de cuisson sous pression avec une cocote minute est d’environ 2 à 3 H. Ils seront déposés sur l’autel des ancêtres pour la cérémonie de cultes le premier jour du Têt avec des plats, des fruits et des confiseries.  

Ensuite, la famille les offre aux proches et aux amis venus lui présenter les vœux. A cette opportunité, la maison ou l’appartement est décoré de symboles de porte-bonheur et d’une branche de prunier, de pêcher ou d’abricotier en fleurs, qui empêchera l’entrée de génies malfaisants. Le jour de l’An est empreint d’une grande importance car tous les actes et événements se produisant ce jour-là auront des répercussions pendant la nouvelle année. La première personne qui franchit le seuil de la maison est censée apporter le bonheur. Les enfants ont de nouveaux habits. Ils reçoivent des billets de monnaie tout neufs les li-xi dans des enveloppes rouges, pour porter chance.

Les Viêt kiêu de la région parisienne se rendent en particulier à la pagode Truc Lâm, de Villebon-sur-Yvette pour la cérémonie bouddhique. Ensuite, ils sont invités à un déjeuner végétarien par le vénérable Thich Duong. Par ailleurs, dans cette pagode, des séances de méditations sont organisées pour les bouddhistes, la diaspora vietnamienne et des amis Français et étrangers (2).

Pour cette visite à la pagode, en général, les femmes portent des áo dài. C’est le costume traditionnel préféré des Vietnamiennes pour les grandes occasions, se présentant comme une tunique ajustée, dont les deux pans se séparent à la taille et tombent à mi-mollet. Elle est portée avec un pantalon de soie  noir ou blanc ou de couleur assortie à la tunique, tandis que celle-ci peut être faite de tissus différents. Le vêtement couvre le corps tout en révélant subtilement la silhouette gracieuse des femmes.

La fête du Têt est aussi l’occasion de rendre visite à la famille et aux amis proches. Certains Viet Kiêu en profitent pour rentrer au Vietnam et surtout au sein de leurs familles dans les trois régions pour apprécier la cuisine et observer les us et coutumes ancestraux.

Concernant la cuisine, il est à remarquer qu’elle avantage le goût à l’esthétique. De ce fait, elle est plus traditionnelle que gastronomique. Typiquement elle présente huit caractéristiques à savoir : la diversité, plus de saveur, moins de graisse, un grand nombre d’ingrédients par recette, délicieux et sain, emploi des baguettes, plats disposés ensemble en plateau (comme dans un buffet chaud ou froid) au cours du repas, convivialité et hospitalité. Cependant, au nord, la cuisine fait très largement appel aux soupes, (en particulier, le phở de Hanoi) aux plats mijotés et aux grillades. La cuisine est très raffinée.

Celle du centre est inspirée à la fois par les Chàm et de la cour impériale, presque à part utilisant à profusion des piments, rendant parfois les mets difficiles à manger.

La cuisine du sud est inspirée du nord, mais avec des ingrédients du sud. Elle est plus sucrée et s’y ajoute plus souvent du lait de coco. Les curry sont très populaires dans cette région. Il n’y a pas de présentation  à l’occidentale, c’est-à-dire pas d’entrée, plat de résistance ou de dessert, mais une multitude de plats disposés en même temps sur la table. Seule la maîtresse de maison remarque les mets préférés de ses convives. Néanmoins, les Vietnamiens aiment le sucré. Ils peuvent manger du chè (soupe de dessert sucré ou le pudding) ou sinh tố (coupe de fruits glacée) à n’importe quel moment de la journée. Le chè peut être servi chaud ou froid et est souvent préparé avec une ou un certain nombre de variétés de haricots et/ou riz glutineux, cuits à l’eau et édulcorés avec du sucre. D’autres ingrédients peuvent inclure l’amidon de tapioca, sel, graines de lotus, des bananes et extrait de feuilles de pandanus. Le sinh tố est fait de différents types de fruits ou même avec  des légumes, comme les carottes, les tomates, les avocats mélangés avec du lait sucré, le lait normal et de la glace.

Pour les boissons, l’eau est bouillie. Le thé est bu chaud au Nord et glacé au Sud. Il y a  également de la bière, du vin et différents alcools. La bière locale légère (bia hơi – bière de pression), se consomme à toute heure de la journée dans la rue, dans les restaurants. Le célèbre alcool local est l’alcool de riz, qui est offert souvent pendant les repas, dans les fêtes, mariages, décès mais surtout à la campagne et dans les montagnes. Le café est devenu une boisson prisée des touristes. Le Vietnam est le deuxième exportateur de café du monde (après le Brésil).

Concernant les us et coutumes, les trois régions conservent les danses traditionnelles spécifiques, la musique et les costumes colorés, en particulier, chez les minorités habitant les montagnes du nord.

Spectacles et folklore, rites, cuisine, us et coutumes et visites aux familles au Vietnam forment un tout pour impacter les cœurs des Viet kiêu. Eloignée mais très proche de leur pays d’origine, la diaspora n’a de cesse contribuée au développement du Vietnam après les dégâts des deux guerres de libération versus la France et les Etats-Unis d’Amérique.

Nous formulons les vœux de santé, de bonheur et de prospérité à toutes et tous, ici et là-bas, pour l’année 2017 et le Tết Đinh Dậu, année du coq.

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Nguyen Dac Nhu-Mai (Apfsv)

 


Notes

(1) Voir affiche et programme In https://www.facebook.com/HNVNTP/

(2) La méditation est une méthode d’entraînement mental apparue en Inde il y a plusieurs millénaires, largement appliquée par les yogins, le Bouddha Gautama et ses disciples.

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